16/09/2016

Les aventuriers du potager : la joie des récoltes

Après la magie des semis (quand ils lèvent), voilà, après beaucoup de soins et de patience, le temps béni des récoltes !

Les semis du printemps (à lire ici) ont plus ou  moins bien fonctionné une fois repiqués en pleine terre. La dizaine de plans de melon qui me faisait rêver d'une récolte record ont été rasés par une colonie de voraces limaces.

Les coquerets du Pérou (physalis ou amour en cage) n'ont toujours pas de fleur, donc encore moins de fructification.

En revanche, l'agastache à la saveur de menthe mâtinée de réglisse s'est révélée presque envahissante. Et très décorative avec ses épis bleus qui attirent les abeilles.

Idem pour les potirons Rouge vif d'Etampes, qui n'attendent plus que Cendrillon pour se transformer en soupes et gratins !

Les pâtissons ont donné toute satisfaction. Des comme ça, on n'en trouve pas facilement dans le commerce. Récoltés jeunes, les graines ne sont pas encore formées et la peau fine ne s'épluche pas. Ils se dégustent tout simplement à la vapeur pour profiter de leur petit goût d'artichaut.
 
On comprend pourquoi on appelle ces légumes "bonnet d'évêque". Pour ceux qui en ont déjà vu un...


Les tomates cerise black cherry ont survécu à la sécheresse et au mildiou. Encore un petit effort et elles seront mangées !

L'unique pied de courgettes produit un à deux fruits par jour. Heureusement qu'une seule graine a poussé. Circonférence : près de deux mètres, et c'est une variété dite "non coureuse" donc supposée d'emprise compacte !


Ce plan de poivron est un rescapé de l'an dernier. Germé en septembre 2016, il n'a pas eu le temps de fructifier avant les gelées nocturnes d'octobre. Je l'ai donc mis en pot à l'intérieur tout l'hiver, pour le replanter en mai 2017. Je suis têtue parfois.

L'artichaut a continué sa maturation pendant nos vacances, nous rappelant que ce légume est en fait le bouton d'une magnifique fleur !

09/09/2016

Délice du mois : la courgette

La courgette, c'est fade et plein d'eau ? Que nenni !Blanches, jaunes ou vertes, elles peuvent nous en faire voir de toutes les couleurs ! Un légume de saison à redécouvrir de toute urgence en version bio.

Avec mon Amap (voir le post précédent), j'ai de belles courgettes bio. Sur ce légume en particulier, la différence avec l'agriculture conventionnelle est très perceptible. Croquantes, fruitées, sans une once d'amertume, elles perdent très peu d'eau à la cuisson.

A dévorer tout cru. Leur peau est fine et dépourvue de pesticides. Alors pas d'épluchage !
- Râpée finement, la courgette s'accommode d'une vinaigrette ou d'un mélange d'huile d'olive et de jus de citron.
- Détaillée en lanières à l’Économe, elle fait son petit effet dans les salades composées.
- En lanières puis roulée en bouchées avec du fromage frais, des herbes et du jambon, elle fait fureur à l'apéro.
- Dans les smoothies et les jus, elle apporte du velouté.

Cuit cuit. Farcie, vapeur, en gratin, en ratatouille ou dans les cakes, elle sait tout faire. Elle excelle aussi dans la simplicité
- en rondelles, à l’huile d’olive, avec une pointe d’ail et de thym, trempée dans la farine pour la faire croustiller. 5 minutes de cuisson suffisent.
- en tian, en compagnie de tomates, ou en tarte sur une pâte brisée ou feuilletée, juste arrosée d'huile d'olive, poudrée de sel, de poivre et d'herbes de Provence.
- sur les pizzas, en rondelles bien fines. Impossible à faire avec celles du commerce qui se comportent comme de molles éponges.

Elle a eu un peu chaud, cette tarte !

Zoat* alors ! On peut vraiment tout faire avec elle, même un petit déjeuner. Ces temps-ci, les Américains soucieux de leur forme mangent les courgettes (zucchinis) râpées très finement, cuites minute avec des œufs brouillés. Le résultat ressemble à un gloubi-boulga, ou au mieux à une bouillie d'avoine (oat).
*Z(ucchinis) + oat = Zoat.

Les nutritionnistes plébiscitent ce vrai repas protéiné, peu gras et pas sucré. Sauf dans cette déclinaison très populaire qui inclut du chocolat...


Reste à savoir si c'est bon... Personnellement, ça ne me tente pas beaucoup. Qui osera la dégustation ? Et divulguera ses conclusions ici même ?
Voir un article ici (clic !) sur le zoat et ses multiples déclinaisons (en anglais mais avec plein de photos)

03/09/2016

Une Amap dans mon village

 

Cette année, j'ai participé à la création d'une Amap dans mon village. Ces "Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne" proposent des légumes et d'autres produits en circuit court, dans le respect des hommes et de la planète.

En pleine crise agricole, c'est un modèle qui fonctionne plutôt bien, satisfaisant pour les producteurs comme pour les Amapiens. Les premiers ont leur production payée d'avance à juste prix par un système d'abonnement. Les seconds bénéficient de savoureux produits de saison récoltés la veille, le plus souvent bio, et à prix raisonnable.

Chaque semaine, on partage !
 
Bien sûr, le modèle associatif exige de donner un peu de son temps pour le fonctionnement de la structure et les partages de récolte. Moins une corvée qu'un bon moment de convivialité au final.

On en voit de toutes les couleurs !
 
Personnellement, j'ai consacré du temps à ce que je sais faire : écrire sur la nourriture et structurer des supports de communication gratuits. J'ai donc fait pousser un site Internet et un blog dont bien sûr, les articles ont un petit air de famille avec ceux d'ici !

D'autant plus que le blog a le même hébergeur. Et comme ce dernier  ne peut enregistrer qu'un seul profil, je m'appelle désormais "Amap de Châlo-Saint-Mars" !!


 
Informations sur le réseau des Amap d'Ile-de-France : http://www.amap-idf.org

19/05/2016

Les aventuriers du potager : la magie des semis

Ce printemps glacial m'a rendu prudente. J'ai semé les plantes du sud bien au chaud à la maison.
 
Au menu : melons de race ancienne Vieille France, tomates cerise Black Cherry, coquerets du Pérou (ou physalis, souvent en décor sur les gâteaux), basilic, shiso et agastache (de beaux épis violets à la saveur de réglisse menthe).
 

 
Petite graine deviendra grande récolte. C'est bien la première fois que je me hasarde à semer des tomates ! La taille microscopique des graines ne laisse absolument pas présager de grosses récoltes. Par quelle magie ?! Et pourtant...

 
Semer n'est pas jouer. Je m'applique. J'ai acheté des poquets en fibres de coco à planter avec le plant pour ne pas écraser les jeunes racines. Je concasse un peu de charbon de bois et du marc de café au pilon. Ce mélange déposé en surface évitera l'excès d'humidité qui provoque la fonte des semis.
 
 




A gauche, les melons, à droite, les tomates. Semées le même jour, les graines ne lèvent pas toutes en même temps. Mystère de la germination !

 
Renforcer avant de planter. Après un mois de lente levée au-dessus du radiateur et de douces pulvérisations d'eau de pluie, les poquets s'acclimatent aux variations de température dans la véranda. A droite, un thermomètre hi-tech enregistre 4 °C le matin et jusqu'à 26 °C en plein midi !
Plantation en pleine terre après le 15 mai, tout risque de gelée matinale écarté. 




13/05/2016

Ciné : Le Potager de mon grand-père

Evidemment, j'ai très envie de voir ce documentaire dont le vrai héros est un potager !
Le réalisateur Martin Esposito parcours la France pour le présenter en personne et en parler.
Itinéraire sur sa page Facebook ici (clic !).
Bande-annonce (reclic !)

11/05/2016

Les aventuriers du potager : permaculture, an III

Je fête mes trois ans d'installation à la campagne, et mon troisième potager. Chaque année plus grand et plus bio grâce à quelques principes simples.
 
Mon premier "grand" potager : en 2015, arrosages obligatoires !
 
Voir grand, mais malin. J'ai plus que doublé chaque année sa surface, ce qui n'était pas très difficile en ayant commencé sur 1 mètre carré. Mais voilà, plus c'est grand, plus il y a de travail et d'arrosage... Alors plutôt que de lutter frontalement avec la nature, qui sachez-le, gagne toujours à la fin, mieux vaut s'en faire une alliée conciliante. Qui travaillera avec vous, et même pour vous ! C'est une des définition de la permaculture.

Récoltes d'automne : salades variées et blettes

La permaculture : en faire le moins possible. La permaculture est une manière de cultiver durable et bio. On s'aide de tout : du travail des vers de terre, des insectes prédateurs ou pollinisateurs, des "mauvaises" herbes qui enrichissent le sol, et même des phases de la lune. On cultive "avec" et non contre son environnement.
Un gros lézard vert : moins de limaces !

Observer, c'est agir. La terre va se dévoiler toute seule, plus précisément qu'une analyse chimique ne saurait le faire. Elle est différente d'un bout à l'autre du jardin, et elle change avec les années et les cultures mises en place.

Les plantes révèlent le sol. J'ai ainsi appris que sur mon terrain, l'abondance de boutons d'or, de liseron et de pissenlit indiquait un sol riche, compact et frais. Donc pas besoin de beaucoup d'apport d'engrais ni d'arrosages. En revanche, il faut le gratouiller en surface, surtout à l'automne. Décompacté, il laisse mieux les pluies pénétrer.

Certaines "mauvaises" herbes sont très bonnes ! Donc, avant de tout arracher et de tout labourer, regardez bien ce qui y pousse spontanément. Et ce qui peut déjà se manger. Fleur de pâquerette ? Miam ! Jeune pousse de pissenlit ? Slurp ! Bourgeon d'ortie ? Itou ! Elles sont plus envahissantes que mauvaises.

Oignons rouges et oignons blancs
 
Laissez travailler la terre. Et surtout les vers de terre qui l'aèrent en douceur. Oubliez la bêche, qui perturbe la vie organique et vous casse le dos. Et la binette, qui bouture plus qu'elle n'éradique. Une petite griffe à deux ou trois dents suffit à arracher les plantes trop envahissantes jusqu'à la racine.

Bouton d'or record : plus de 60 cm de racine !
 
Paillis or not paillis ? Un paillis de tonte d'herbe et de feuilles préserve l'humidité du sol et limite les espèces envahissantes. Malheureusement, chez moi, le paillis attire les limaces. Les grives et les merles m'en débarrassent, mais en envoyant voler la couche protectrice de tous côtés. Il faut donc en remettre sans cesse en été. 
La feuille de platane, presque imputrescible, étouffe les mauvaises herbes.
 
Préparer de grandes surfaces sans bêcher. Recouvrez l'endroit choisi de carton, de feuilles et de branchages à l'automne, puis attendez le printemps. Le sol digère le gazon le plus en forme et les indésirables, nourrissant la terre au passage. Moins joli mais plus rapide, une bâche plastique transparente étendue quelques semaines sur une terre bien mouillée "cuit" les mauvaises herbes.
 
Avant même de commencer à semer et planter, le potager enseigne une autre manière de concevoir l'action et le temps. Une petite philosophie au quotidien.

Pour en savoir plus, livres et PDF en partage ici (clic) !

12/02/2016

Délice du mois : le saumon gravlax

Attention, je livre ici la recette du saumon gravlax comme là-bas, en Suède ! Pas grand chose à voir avec nos déclinaisons françaises... Deux jours de préparation minimum, mais c'est le réfrigérateur qui fait  presque tout le boulot !
 
De l'aneth à foison. Demandez au poissonnier deux beaux filets de saumon bien élevé : label rouge ou bio. Les autres sont trop gras. Et en plus ils polluent les fjords !
Caressez les filets. Si vous en sentez sous les doigts, ôtez les dernières arrêtes à la pince de bricolage, vous éviterez de tordre et de parfumer inutilement votre jolie pince à épiler.
Posez vos filets sur un torchon, dans un nid douillet d'aneth frais. Emmaillotez et laissez un jour au froid.

Du sucre et du sel, mais pas trop. Le lendemain, ouvrez le torchon et enlevez l'aneth. Comme ça sent bon ! Répartissez un mélange de sucre de sel. Les proportions ? Autant de sucre que de sel. Mais attention, ayez la main légère, on doit pouvoir voir la chair à travers.
Vous pouvez ajouter des baies roses ou un soupçon de poivre Timut du Népal. Sa saveur d'écorce de pamplemousse se marie fort bien avec l'aneth.

 
Refermez le torchon et mettez au froid encore un jour ou deux, avec un poids par dessus : un plat à gratin rempli d'eau par exemple.
Retournez régulièrement, toutes les 12 heures. Pour finir, laver les filets sous le robinet. Séchez dans du papier absorbant.

 

Une émulsion plus qu'une sauce. Découpez en tranches fines en laissant la peau de côté. Servez avec des pommes de terre en robe des champs, sans oublier la sauce qui tue.
 


Sauce qui tue. Emulsionnez 1 cuillère à soupe des ingrédients suivants : moutarde fine, vinaigre blanc et huile neutre (colza ou tournesol) avec une cuillère à café de sucre et une autre de sel. Poivrez au moulin et aromatisez avec de l'aneth sec, cette fois.
Oui, c'est très sucré et très salé pour nos palais, mais c'est comme ça qu'on l'aime, au Nord du Nord !
 
Vous en voulez encore ? Lisez mes aventures gustatives en Suède ici !
 
 

29/01/2016

Snobisme du mois : le citron caviar


Chers petits grains ! Comptez 10 euros les six minuscules citrons, soit 40 grammes. Au kilo, 250 euros, donc... humpf !

Tout ça pour cette chose qui ressemble à une limace trop bronzée !? Oui mais... la pulpe est si jolie, irisée du jaune au rose. Et question saveur ? Honnêtement, un peu comme le melon, il y a de bonnes pioches et d'autres qui restent décevantes. Acidité agressive et texture rude. Ou parfum enivrant et grains éclatant comme des bulles de champagne.

Epatez vos invités ! C'est un accord parfait avec les œufs de truite (photo) ou de saumon ! Surtout sur des tranches de radis noir et de betterave chiogga.
Très amusant aussi en cocktail, avec les sodas ou les vins effervescents. Les grains de pulpe font ludion en s'arrimant aux bulles !
 
 
Où en trouver ? Grand Frais et Naturalia font des efforts pour promouvoir de temps en temps les agrumes originaux.
Si vous avez la main verte, achetez carrément un arbre sur le net, c'est très rentable : 39,90 euros le pied chez Plantes et jardin.
 
D'autres snobismes ? Voyez le yuzu ici ! 

28/01/2016

Ciné : Les Délices de Tokyo. Petite chronique, grande portée

La philosophie du dorayaki par l'écrivain et cinéaste japonaise Naomi Kawase

Le dorayaki est une spécialité japonaise : deux petits pancakes enserrant une couche de pâte de haricots rouges sucrée. On les mange sans façon avec les doigts.

Comme la plupart des pâtisseries de ce pays, ses saveurs sont subtiles et peuvent paraître fades aux palais occidentaux.

Le film en possède l'apparente simplicité. Sauf que cet humble délice concentre toute une conception de la cuisine, de la vie et du monde. Rien de moins !

Cette petite chronique d'une échoppe de dorayakis se grignote sans faim au fil des saisons, sous les cerisiers de sa rue. Elle n'a l'air de rien mais nous fait toucher du doigt (de la langue !) bien des questions centrales.
Qu'est-ce que la bonne cuisine ? Quelle place ont encore la nature et les autres dans nos sociétés ? Qu'est-ce qu'une vie réussie ?

A voir d'urgence !

Bande annonce et cinémas ici



22/01/2016

Délice du mois : le potimarron rôti

J'aime cette recette inratable : c'est le four qui fait tout le travail !
1- Avec un solide et grand couteau, scalpez le tiers supérieur du potimarron.
2- Enlevez les filaments et les graines à la cuillère.
3- Remplacez-les par de la crème liquide, des lardons et des herbes (ici, le persil encore valide du jardin).
4- Reposez le chapeau et enfournez une bonne heure à 180°C.
5- Posez au centre de la table sous les hourras. Vous régalerez quatre gourmets... ou deux gourmands !
Ce mode de cuisson concentre les saveurs qui ont tendance à se diluer dans l'eau bouillante. Et le fondant reste au rendez-vous.