11/05/2016

Les aventuriers du potager : permaculture, an III

Je fête mes trois ans d'installation à la campagne, et mon troisième potager. Chaque année plus grand et plus bio grâce à quelques principes simples.
 
Mon premier "grand" potager : en 2015, arrosages obligatoires !
 
Voir grand, mais malin. J'ai plus que doublé chaque année sa surface, ce qui n'était pas très difficile en ayant commencé sur 1 mètre carré. Mais voilà, plus c'est grand, plus il y a de travail et d'arrosage... Alors plutôt que de lutter frontalement avec la nature, qui sachez-le, gagne toujours à la fin, mieux vaut s'en faire une alliée conciliante. Qui travaillera avec vous, et même pour vous ! C'est une des définition de la permaculture.

Récoltes d'automne : salades variées et blettes

La permaculture : en faire le moins possible. La permaculture est une manière de cultiver durable et bio. On s'aide de tout : du travail des vers de terre, des insectes prédateurs ou pollinisateurs, des "mauvaises" herbes qui enrichissent le sol, et même des phases de la lune. On cultive "avec" et non contre son environnement.
Un gros lézard vert : moins de limaces !

Observer, c'est agir. La terre va se dévoiler toute seule, plus précisément qu'une analyse chimique ne saurait le faire. Elle est différente d'un bout à l'autre du jardin, et elle change avec les années et les cultures mises en place.

Les plantes révèlent le sol. J'ai ainsi appris que sur mon terrain, l'abondance de boutons d'or, de liseron et de pissenlit indiquait un sol riche, compact et frais. Donc pas besoin de beaucoup d'apport d'engrais ni d'arrosages. En revanche, il faut le gratouiller en surface, surtout à l'automne. Décompacté, il laisse mieux les pluies pénétrer.

Certaines "mauvaises" herbes sont très bonnes ! Donc, avant de tout arracher et de tout labourer, regardez bien ce qui y pousse spontanément. Et ce qui peut déjà se manger. Fleur de pâquerette ? Miam ! Jeune pousse de pissenlit ? Slurp ! Bourgeon d'ortie ? Itou ! Elles sont plus envahissantes que mauvaises.

Oignons rouges et oignons blancs
 
Laissez travailler la terre. Et surtout les vers de terre qui l'aèrent en douceur. Oubliez la bêche, qui perturbe la vie organique et vous casse le dos. Et la binette, qui bouture plus qu'elle n'éradique. Une petite griffe à deux ou trois dents suffit à arracher les plantes trop envahissantes jusqu'à la racine.

Bouton d'or record : plus de 60 cm de racine !
 
Paillis or not paillis ? Un paillis de tonte d'herbe et de feuilles préserve l'humidité du sol et limite les espèces envahissantes. Malheureusement, chez moi, le paillis attire les limaces. Les grives et les merles m'en débarrassent, mais en envoyant voler la couche protectrice de tous côtés. Il faut donc en remettre sans cesse en été. 
La feuille de platane, presque imputrescible, étouffe les mauvaises herbes.
 
Préparer de grandes surfaces sans bêcher. Recouvrez l'endroit choisi de carton, de feuilles et de branchages à l'automne, puis attendez le printemps. Le sol digère le gazon le plus en forme et les indésirables, nourrissant la terre au passage. Moins joli mais plus rapide, une bâche plastique transparente étendue quelques semaines sur une terre bien mouillée "cuit" les mauvaises herbes.
 
Avant même de commencer à semer et planter, le potager enseigne une autre manière de concevoir l'action et le temps. Une petite philosophie au quotidien.

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